In Fine, de Eric Dexheimer (Signatures) est le premier volet d’une série en cours sur laquelle il travaille depuis deux ans. Deux ans à « visiter des personnes défuntes » comme il le dit si bien. Le résultat est un travail surprenant, sobre et poétique.

Le contraste dont il use à merveille crée une sensation de dialogue. Les images se répondent. Les noirs denses répondent aux blancs irradiants, plaçant le visiteur comme dans un entre-deux, un passage entre deux états. Dans cette posture de passeur, difficile de rester neutre. Les questions sont là, sous-jacentes, comme murmurées par l’auteur sans qu’on s’en aperçoive. Questions personnelles, sur notre fin, notre avenir, mais aussi questions sur une société, une espèce, l’être humain…

Montrer des morts reste compliqué. Eric Dexheimer fait passer cela en douceur. Il rend agréable cette approche de ce qui souvent nous effraie. C’est pour lui le rôle du photographe : savoir montrer les choses et pousser à la réflexion. Habitué aux sujets difficiles, il travaille énormément en amont, avant la prise de vue, toujours soucieux de respecter une éthique exemplaire.

Son exposition est visible aux Promenades Photographiques de Vendôme jusqu’en septembre 2011.

Julien Cassagne


Pour Photojournalisme.fr :
- Interview par Lisa MIQUET et Julien CASSAGNE
- Vidéo par Sirin Bahar DEMIREL

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